LE SITE GRENOBLOIS Année 2005-2006SOMMAIRE 1-Le site a) le paysage grenoblois b) les morphodynamiques du site 2-La situation a) localisation de la ville b) les phénomènes d’urbanité INTRODUCTION Capitale du Dauphiné, Grenoble se situe à la confluence de l’Isère et du Drac, coincée entre les massifs de Belledonne, du Vercors et de la Chartreuse. Née sous l’Antiquité, la ville s’est installée aux pieds des versants, elle est au coeur même de la montagne, on parle de ville intraalppine Mais cette situation particulière qui associe la ville à la montagne connaît quelques ambiguïtés : Comment la ville s’inscrit elle dans le paysage alpin ? La compréhension du site grenoblois et de sa situation est essentielle pour mener à bien cette étude. Secteurs des différentes interventions I. Le Site Le site est toujours caractérisé par la description physique du milieu que l’on souhaite étudier ; la géologie et la géomorphologie sont les deux principaux domaines d’étude abordés. a)-Le Paysage Grenoblois Sur cette photo on distingue facilement l’influence montagnarde du site. En effet la ville de Grenoble, couronnée capitale des Alpes françaises, est encerclée par plusieurs massifs : le massif de Belledonne au nord est, la Chartreuse au nord et le Vercors au sud ouest. Selon ces massifs la nature des roches diffère. En effet on peut remarquer que la découpe géomorphologique entre la Chartreuse et Belledonne n’est pas identique. Le massif de Belledonne est un ensemble cristallin, ses plus hauts sommets, en forme de pics, peuvent atteindre près de 3000 mètres. Le plus alpin des massifs grenoblois étire linéairement ses sommets face à la Chartreuse, laissant suffisamment d'espace à l'Isère pour que puissent se dessiner quelques méandres dans la vallée du Grésivaudan ainsi formée. Tandis que les massifs sédimentaires préalpins de la chartreuse et du Vercors présentent de nombreuses similitudes : ils connaissent de nombreux escarpements, des plateaux, et des synclinaux perchés. Leur altitude est plus modeste et ne dépasse que très rarement les 2000 mètres. Le Vercors est un massif karstique percé de nombreuses cavités (gouffre Berger). Le Vercors présente ailleurs une alternance de versants abrupts, correspondant aux versants calcaires durs, et de versants moins pentus correspondant aux versants constitué de marnes, ainsi qu'une zone de hauts-plateaux. Bien que résumée par le terme « plateau », la géographie apparente du Vercors est complexe. Le massif de la Chartreuse appartient, au même titre que le Vercors, à l'ensemble des massifs subalpins, qui sont les premiers que l'on rencontre en abordant les Alpes depuis l'ouest. Le Vercors près de Moucherotte Cependant, il ne faut pas oublier que Grenoble reste la ville la plus plate d’Europe avec moins de dix mètres de déniveler entre le point le plus haut et le plus bas de la ville. La plaine grenobloise parfaitement plate accueille deux cours d’eau : l’Isère et le Drac qui se rejoignent aux alentours de Saint Martin le Vinoux. Ces deux cours d’eau empruntent de larges dépressions creusés au sein du massifs des Alpes : la vallée du Grésivaudan en amont de la capitale iséroise mesurant près de 5 km de large et les cluses de l’Isère en aval, qui dessinent ainsi ce que l’on appelle le « Y » grenoblois. Tout au long de l’histoire de Grenoble l’Isère et le Drac ont affectés la ville par de violentes crues amenant parfois jusqu’au pires catastrophes que peuvent engendrer les inondations. La dernière grande crue de l’Isère en 1859 a atteint plus de 2000 mètres cube, sachant que le débit moyen de la rivière atteint à peine 200 mètres cube. L’hydrographie de la plaine grenobloise est assez complexe, il faut savoir que bien avant l’implantation de la ville, l’Isère et le Drac se sont déplacés rabotant un peu plus le « Y » grenoblois. L’Isère qui dessinent de nombreux méandres est coincé sur les flancs de la montagne tandis que le Drac parfaitement rectiligne franchi la plaine du sud au nord avant de se jeter dans L’Isère. Mais aujourd’hui les phénomènes hydrologiques, amplifiés par les nombreux petits cours d’eau qui traversent l’agglomération comme le Verderet, sont connus et maîtrisés même s’ils représentent encore un risque pour la population. Le paysage grenoblois doit son caractère montagnard aux morphodynamiques qui le façonnent, les différents processus géologiques qui ont affecté l’environnement alpin permettent d’expliquer la morphologie du site tel qu’on le connaît aujourd’hui. b) Les morphodynamiques du site Les processus géologiques responsables de l’arc alpin résultent de la collision entre deux plaques lithosphériques : la plaque eurasienne et la plaque africaine. Cette collision a permis la création d’une chaîne de montagne : les Alpes. La genèse des Alpes a commencé par la fermeture de l’océan alpin où les sédiments, suivant la profondeur de dépôts, ont donné naissance soit à des calcaires, dans des mers peu profondes, soit à des marnes dans les mers profondes. Il résulte de cette sédimentation, un empilement de plusieurs kilomètres d'épaisseur où alternent les calcaires durs et les marnes tendres, empilement semblable à un gigantesque millefeuille. Cette phase de sédimentation dure de -150 à -65 millions d'années (deuxième moitié de l'ère secondaire). Après cette longue période de formation des roches dans la mer, les Alpes ont commencé à se soulever et les différents massifs ont progressivement émergé. Le Vercors et la Chartreuse présentent une alternance de versants verticaux, correspondant à l'érosion des calcaires durs, et de versants obliques, correspondant à l'érosion des marnes tendres. Le massif de Chartreuse met bien en évidence les différentes formes de reliefs caractéristiques des massifs sédimentaires. La dent de Crolles en est un parfait exemple avec son célèbre synclinal perché. Un autre exemple qui se situe cette fois ci dans le Vercors, la Moucherotte qui surplombe de ses 1901 mètres la ville de Grenoble décrit un parfait anticlinal. Le massif de Belledonne, quant à lui, est un massif cristallin datant du primaire. Le Granit est présent dans certaines zones, mais on trouve principalement du gneiss, une roche métamorphique ayant subie des conditions de températures et de pression extrêmes dû au soulèvement de la croûte lithosphérique. Selon la nature des roches soit sédimentaires, soit métamorphiques ou cristallines, les formes du relief diffèrent. Le Vercors et le massif de la Chartreuse dont leurs roches sont d’origine sédimentaires, connaissent une découpe morphologique différente du massif de Belledonne d’origine cristallin. Ce phénomène est dû à la résistance de la roche : la roche sédimentaire, moins résistante que la roche cristalline, se déforme plus facilement que cette dernière. Le massif de Belledonne vue de la Bastille Si la dynamique lithosphérique de la terre est le principal acteur dans la formation des reliefs, l’érosion joue également un rôle dans la construction du paysage grenoblois d’aujourd’hui. Le paysage entier est façonné par l’érosion. La pluie, le vent et le gel sont les trois principaux facteurs d’érosions. Cependant les balcons de Belledonne témoignent d’un phénomène bien plus efficace que ceux cités auparavant. En effet pendant les périodes glacières qui ce sont succédées, on peut observer les traces (présence de cirques, de moraines et de blocs erratiques) du passage d’un glacier dans la vallée du Grésivaudan qui pouvait atteindre plus d’un 1 Km d’épaisseur. Lors des périodes froides qui se sont succédées de -2 millions d'années à -l0 000 ans, l'érosion glaciaire a raboté les parties les plus élevées des massifs, l'érosion périglaciaire a généré les grands éboulis sous les falaises, l'érosion karstique pour les massifs calcaires dissout et sculpte les reliefs en donnant naissance à des formes originales (lapiaz, dolines, cavités...), l'érosion torrentielle creuse les gorges (Bourne) et élargies les vallées. Aujourd'hui, l'eau, d’origine torrentielle, reste le principal agent d'érosion, mais elle a perdu beaucoup de son agressivité. L’Isère qui traverse l’agglomération d’Est en Ouest draine une grande partie des précipitations tombées sur la plaine Grenobloise. La rivière connaît un régime principalement alpestre avec un max en mai-juin par la fonte des neiges et un deuxième max en octobre par les pluies abondantes d’automne. Ce sont pendant ces périodes que l’on peut observer la plupart des crues. Ce phénomène peut être amplifié par le limon transporté par l’Isère (plus de 2 millions de tonnes par an) qui forme de véritable îlots colonisés par la végétation ne laissant que peu de place au cours d’eau. La description physique de l’espace grenoblois n’est pas suffisante, il faut approfondir notre étude dans un contexte géographique et économique pour nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement du site. II. La situation a) Localisation de la ville Grenoble est situé dans le département de l’Isère, au sud-est de la région Rhône-Alpes, une des régions les plus dynamique d’Europe. C’est une ville dite intra-alpine, une zone économique de contact entre la plaine et la montagne ; Grenoble fait partie des rares grandes villes entourées de montagnes. La première implantation de la ville remonte au 3e siècle avant J-C, celle-ci était un lieu de passage à l’endroit ou l’Isère se rétrécit, facilitant ainsi le transit des hommes et des marchandises vers l’autre côté de la rive. Tout au long de son histoire la ville fut convoitée par sa situation stratégique, tantôt ville de passage, tantôt ville frontière (jusqu’en 1860 avant que la Savoie ne soit annexée)… Aujourd’hui la ville reste un exemple d’intégration dans un milieu hostile qui est celui de la montagne. Vue satellite du Y grenoblois Depuis la Bastille, il est possible de distinguer le Jardin de Ville qui, au Moyen-Age se situait hors de la ville. Le centre ville est lui composé de bâtiments d’époque différente. Il a connu 2 rénovations. Le cours Jean Jaurès était pendant longtemps hors de la ville, construit sur une digue afin d’éviter les crues du Drac. Le boulevard Léon Blum était autrefois la route d’Eybens. Par la suite la gare fût construite hors la ville et l’autoroute a été construite à la limite de la ville, au nord et à l’ouest, de même que la rocade sud. Ayant été une ville militaire, la ville était pourvue de rempart au début du XIX, et de casernes. Le cimetière est au-delà des remparts. A la fin du XIXe siècle, Edouard Rey a souhaité faire des beaux quartiers en style haussmannien. Cela concerne la place Victor Hugo et l’avenue Alsace-Lorraine. Après la 1ère guerre mondiale, les remparts ont été détruits, ce qui a entraîné la création du parc Mistral. L’étalement de la ville s’est fait par jonction avec les 1er villages du « Y » grenoblois. Cette extension s’est faite dans la vallée du Grésivaudan, les Cluses de l'Isère, et la vallée du Drac. La ville est pourvue d’une gare, d’une mairie, d’une préfecture, d’un marché d’intérêt national, des usines (anciennes), et au-delà de la voie ferrée un quartier ouvrier. L’île Verte est un quartier de petits pavillons coincés dans les bras de l’Isère. Les quartiers populaires à côté de la gare ont été transformés en quartier commercial ainsi qu’en Europole. A Synchrotron se trouve un technopôle, à la limite avec l’Europole. Hors la ville, on trouve plusieurs activités, comme l’hôpital Michalon desservie par l’autoroute, ou encore le campus aménagé à l’américaine à Saint-Martin d’Hère. Plusieurs villes font parti de l’agglomération grenobloise, telles que Echirolles, Fontaine, La Tronche, ou encore Saint-Martin d’Hère. Elles sont lieu d’activités annexes à Grenoble, industrielles, commerciales et artisanales. b) Phénomènes d’urbanité Le centre ville (vue de la Bastille) -le développement du centre : Au Moyen-Age, Grenoble s’étendait du quartier Saint Laurent, au Jardin de Ville, jusqu’à l’actuel musée de Grenoble composé de maisons d’habitations. Le centre était la place Saint André avec le tribunal et l’église. La première expansion a concerné la place Grenette qui a été intégrée (puisque avant elle était hors la ville). Au XVIe-XVIIe siècle, de nouveaux remparts ont été édifiés. La place Grenette n’est pas la seule intégrée puisque le lycée Stendal et l’église Saint Louis l’ont été aussi. On peut y observer un empilement de styles d’architecture. Ainsi dans la première moitié du XIXe siècle à lieu la deuxième extension, en style haussmannien, là où a lieu la journée des Tuiles. L’agrandissement se fait vers le sud. A la place Verdun, ont trouve la préfecture et le cercle militaire. Jusqu’à Mistral on trouve des bâtiments administratifs, militaires, et universitaires (en 1960-70). C’est le symbole du pouvoir d’où une certaine froideur dans le style architectural. Les fortifications s’étendirent jusqu’à Mistral. La troisième extension orchestrée par le Dr Martin, entre 1880 et 1914, est toujours sous l’influence haussmannienne. Elle concerne la place Victor Hugo, accueillant des résidences bourgeoises et des commerces, et la rue Félix Poulat (qui va de Victor Hugo à la place Grenette) conçue en ciment moulé. Bâtiment style Haussmannien près de Saint Claire En 1880, de nouveaux quartiers d’habitation sont conçus sur l’avenue Alsace-Lorraine. En 1980 est aménagé l’Europole, complexe industriel, vitrine de Grenoble lorsqu’on arrive par la gare. L’objectif est de s’ouvrir sur l’Europe (R. Schuman). C’est aussi un grand centre de décision notamment avec la présence du Crédit Lyonnais et du World Trade Center. Il est desservi autant par le tram que par le train. On peut aussi y trouver le nouveau palais de justice, et le lycée international, un quartier d’affaire, et une école supérieure de commerce. Comme on peut le voir sur le schéma, le développement de la ville à partir du centre historique, s’étalant en cercles presque concentriques. Au cours de la sortie péricentre, on a pu observer comment l’espace c’est construit, comment il s’est aménagé. La gare marque un peu la limite du vieux centre, et marque aussi la densification de l’espace urbain, et la nécessité de s’équiper en transports en commun (tram aussi). L’espace Hoch comprend l’ensemble des îlots ; les casernes militaires construites autour des remparts ont en partie disparue après la guerre en 1976. La ville a construit à la place des logements, des commerces, et la chambre du commerce et de l’industrie, dans le quartier organisé en espace piéton. Le quartier de Bonne était un ensemble militaire mais il a été abandonné en 1994. Depuis, il a été aménagé en Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) comprenant 35% de logements sociaux, des complexes hôteliers, une école primaire, un espace sportif… La place Gustave Rivet a été l’un des premiers quartiers aménagés, dans les années 30. C’est un carrefour important où passera d’ailleurs le nouveau tram, en concordance avec le Plan de Déplacement Urbain convenu par la loi votée à la fin de l’année 1990 visant la baisse de la pollution. D’autres restructurations ont été réalisées à Grenoble au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Ce fût le cas pour le quartier de la Capuche où il y avait des friches industrielles, pour le marché d’intérêt national développé en 1959 près des voies ferrées, le quartier Alpin qui s’est pourvu en logement sociaux dès les années 1960, l’URSAF installée au Vigny-Musset classé ZAC dans les années 90, la Villeneuve où l’ancien aérodrome est concerné par un grand projet de restructuration qui s’achèvera en 2012. Le chômage et la pauvreté ont commencé a toucher les quartiers populaires grenoblois comme les autres en France après la période de récession économique. En effet, pendant les années 80 le chômage atteint 16%. Après la deuxième guerre mondiale, le sud de Grenoble se développe avec le quartier de la Villeneuve et l’Arlequin, en raison d’un besoin de logement, pour l’industrie et la guerre. Sont alors construits de grands ensembles agréables (à l’époque) à l’Arlequin nord, dans une économie « fordiste », qui aujourd’hui représente un enclavement, une certaine monotonie. La Villeneuve fût construite après. En 1961 est mis en place le plan Bernard qui est un projet de centre urbain (pour les JO). C’est l’antithèse de la cité dortoir. Il y a des logements sociaux mais aussi des propriétés. On fait le test de la mixité sociale. Une barre d’immeubles de 1300m de 6 à 15 étages, avec 1866 logements (75% d’appartement sociaux et 25% en accession). Il y a un centre social, coeur des activités sociaux culturelles. La place du marché est entourée de galeries commerciales. La résidence 2000 est composée de petits bâtiments ; c’est un quartier chic ; laboratoire expérimental. L’école des Buttes est dans le même esprit d’expérience, puisque la pédagogie consiste à donner l’initiative aux enfants, dans un esprit de mixité. Le quartier des Baladins (appelé aussi place des Géants) à été construit en 1975, deux ans après l’Arlequin. Il est composé de 43% de logements sociaux. Ils sont dans des immeubles moyens, espacés. Il y a un centre de santé, un centre commercial. C’est un point chaud de ce quartier. Il est actuellement en cours de réhabilitation. Aujourd’hui, les résultats de cette expérimentation sont peut être à remettre en cause. Le chômage y atteint 24%, et celui des jeunes entre 16 et 25 ans est inquiétant : 40,7% ! Depuis les années 80, près de 22000 délits ont été recensé. On constate une détérioration du quartier. Depuis les années 2000, on est dans une logique de prise en main. La situation économique française est difficile. Il y a des délocalisations, un chômage structurel important, un développement des travaux précaires. L’Etat Providence se retire… Entre 1983 et 1995, les propriétés de reçoive plus de subvention. La population ressent un mal de vivre, les couches moyennes et supérieures s’en vont. Il y a un risque de ghettoïsation de ces quartiers. Heureusement il y a encore 14% de cadres, mais il y a néanmoins une fragmentation sociale (dans le parc se réunissent les populations étrangères, tandis que les allées sont occupées par les jeunes). Leurs perspectives d’avenir ? L’instauration d’une zone franche. Cela veut dire que les entreprises qui souhaiteront se développer seront exonérées d’impôts, mais en contrepartie elles devront compter dans les rangs de leurs employés 1/3 de salariés provenant du quartier. 73 engagements ont été pris pour améliorer la propreté, les lieux de rencontres, la restructuration, le conseil de quartier, la mise en place d’associations (une centaine sur Villeneuve). Le centre est encore dynamique, coeur d’activités économiques, tandis que la périphérie connaît des difficultés tant sociale qu’économique. Les restructurations actuelles qui visent la réhabilitation du centre et des quartiers périphériques sont utiles autant que nécessaires. La première s’est faite sans vraiment de difficulté, mais pour les quartiers périphériques il en est de leur survie. La plupart des moyennes et grandes villes françaises connaissent actuellement se défi, puisque ces différentes expériences qui ont été tenté sont un relatif échec. -la ville face aux risques naturels : Tout au long de son histoire Grenoble a connut de terribles inondations (en 1651, 1859) qui ont fait de nombreux dégâts matériels et humains. Depuis la loi de 1860 qui oblige les grandes villes à se protéger contre les crues, la capitale iséroise s’est munie de véritables infrastructures pour endiguer la plupart des cours d’eau de la plaine grenobloise (surtout Drac et Isère). Les différents aménagements de l’époque consistaient à repousser le Drac à l’ouest de la ville et contenir l’Isère afin d’empêcher toute inondations intra-urbaine (le cours Jean Jaurès était à l’origine une digue). Artificialisation des berges de l’Isère au niveau du quartier St Laurent Certains ruisseaux comme le Verderet (qui atteignent 12 m cube par seconde) sont enterrés sous la ville grâce à un système de réseaux de canalisation. Pour éviter tout débordement lors de crues torrentielles, des bassins de rétentions ont été réalisés comme le Vélodrome d’Eybens capable de retenir près 18000 mètres cube. Les aménagements les plus récents concernent la partie à l’amont du quartier St Laurent et qui consistent en la consolidation des berges maintenues par des arbustes plantés par la commune. Ces phénomènes d’urbanités sont les conséquences logiques d’une adaptation à l’environnement. CONCLUSION Grenoble, capitale des Alpes Française, doit son originalité à son adaptation dans le milieu montagnard, la ville ne peut se concevoir en dehors de son environnement, sauf à l’amputer d’un paramètre essentiel à la compréhension de son histoire et de sa réalité. Bien que profondément ancré dans ce milieu hostile à tout développement urbain, la ville a su tirer profit de ses avantages. Elle s’est inspirée des phénomènes d’urbanité des grandes villes françaises et a su maîtriser son aménagement en fonction de son environnement. Aujourd’hui Grenoble est une ville européenne dynamique qui renoue avec les réseaux pour mieux rayonner. Au coeur du triangle Turin Lyon Genève, au centre de l'Europe, Grenoble aborde son entrée dans le 21ème siècle avec les meilleurs atouts. Mais la question sur le problème de l’expansion de la ville se pose, en effet l’agglomération grenobloise qui compte près de quatre cent mille habitants arrive au terme de son étalement urbain dans la plaine grenobloise. Saurons nous réaliser la réorganisation du système actuel ?